Entre la goutte et l'océan, des nuances s'imposent lorsqu'il est question de démystifier le phénomène de la violence au travail au plan de sa taille et de ses effets multiples. À l'échelle de la planète, les médias font largement écho à des tueries au travail, accomplies par des personnes en situation de crise. Cependant, la violence n'est pas uniquement un problème discontinu et à forte résonance symbolique provoqué par des personnes vivant une grande détresse psychique. Il importe de dépasser cette vision alimentée par les médias et d'examiner les statistiques réelles sur la violence au travail. Par exemple, l'homicide ne représente qu'un très faible pourcentage de la violence au travail [1].
Dans plusieurs états du monde, les actes de violence ne relèvent pas du champ d'application des lois relatives à la santé et la sécurité du travail. Ces actes ne sont donc pas signalés de façon obligatoire comme accidents de travail. S'il y a un signalement, il ne survient qu'en cas de décès ou lors des situations de violence extrême telles que les agressions physiques à main armée. Les menaces de voies de fait, les bagarres entre salariés et le vandalisme ne sont pas toujours déclarés à la police ou encore à d'autres autorités à l'extérieur des organisations où ces événements ont eu lieu. En général, il n'y a aucune procédure de déclaration des actes de violence chez les employeurs [2]. Le visage caché de cette violence au travail indique donc que les données disponibles ne sont que la pointe de l'iceberg.