Conséquences et ampleur

Ampleur de la violence au travail

Entre la goutte et l'océan, des nuances s'imposent lorsqu'il est question de démystifier le phénomène de la violence au travail au plan de sa taille et de ses effets multiples.  À l'échelle de la planète, les médias font largement écho à des tueries au travail, accomplies par des personnes en situation de crise.  Cependant, la violence n'est pas uniquement un problème discontinu et à forte résonance symbolique provoqué par des personnes vivant une grande détresse psychique.  Il importe de dépasser cette vision alimentée par les médias et d'examiner les statistiques réelles sur la violence au travail.  Par exemple, l'homicide ne représente qu'un très faible pourcentage de la violence au travail [1]

 

Dans plusieurs états du monde, les actes de violence ne relèvent pas du champ d'application des lois relatives à la santé et la sécurité du travail. Ces actes ne sont donc pas signalés de façon obligatoire comme accidents de travail.  S'il y a un signalement, il ne survient qu'en cas de décès ou lors des situations de violence extrême telles que les agressions physiques à main armée.  Les menaces de voies de fait, les bagarres entre salariés et le vandalisme ne sont pas toujours déclarés à la police ou encore à d'autres autorités à l'extérieur des organisations où ces événements ont eu lieu.  En général, il n'y a aucune procédure de déclaration des actes de violence chez les employeurs [2]. Le visage caché de cette violence au travail indique donc que les données disponibles ne sont que la pointe de l'iceberg.


Ampleur au plan mondial, canadien et québécois

Données internationales:

  • Aux États-Unis,  entre 1980 et 1990, l'homicide est la troisième cause de mortalité au travail soit 12 % de toutes les morts au travail puis est devenue la deuxième cause de mortalité au travail à partir de 1994 soit une hausse de 16% de toutes les morts. En 1996, 20 travailleurs par semaine sont assassinés aux États-Unis [2] [3].
  • Homicide (travail et hors travail) pour tranche de 100 000 habitants en 1994 [2]:
    a) États-Unis: 8,95 
    b) Australie 4,88
    c) Canada 2,04
    d) Angleterre 1,41.
  • En France, en 1998, les actes de violence contre le personnel du transport en commun ont augmenté respectivement de 12 % pour la Régie autonome des transports parisiens ( 2000 agressions par année) ainsi que de 34 %  pour la  Société nationale des chemins de fer [2].
  • En Angleterre, les dommages versés aux employés victimes de harcèlement discriminatoire au travail en 2002 se sont accrus de 38% par rapport à l'année précédente [4].

Données pour le Canada:

  • Pour les groupes d'âge de 15 à 29 ans, 1221 actes de violence sont classés parmi les accidents de travail avec perte de temps (au moins une journée  de travail perdue en raison de l'accident) soit 25,9 % de tous  accidents de travail avec perte de temps [5].

Données pour le Québec:

  • 2000 réclamations/an acceptées,  pour lésions physiques et psychologique attribuables à de  la violence au travail, entre l'année 1990 et 2000.
  • 70% des lésions attribuables à de la violence au travail acceptées sont de nature physique en 1998.
  • Entre 1990 et 1998, les durées moyennes d'indemnisation pour les lésions psychiques ont passé de 89, 7 à 127, 5 jours [6].
  • Entre 1990 et 2000, au Québec, 18 898 dossiers de lésions (psychiques et physiques) attribuables à la violence au travail, total des déboursés de ces dossiers, admis avec indemnités de remplacement de revenu, $55 480 481 [7].
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