Remonter aux sources du bouillonnement de cette violence au travail exige de se pencher sur le rôle du comportement individuel, sur l'interaction d'un ensemble de facteurs de risques et sur les situations les plus à risque. Pris isolément chaque acte de violence nécessite une explication complexe.
Au plan individuel, au sein d'une population donnée, il est possible d'attribuer diverses probabilités de violence à chacun des membres de cette population à l'aide de leurs caractéristiques personnelles. Cependant, la validité, la fiabilité et l'exactitude de ces probabilités demeurent loin d'être garanties. Les données disponibles permettent d'estimer de manière relativement fiable qu'il y a une forte possibilité de risques de violence au travail chez certaines catégories de la population ayant les caractéristiques suivantes :
Au plan individuel, dans le présent état des connaissances, il demeure impossible de prévoir avec suffisamment de validité, de fiabilité et d'exactitude si un individu donné de cette catégorie de population va devenir violent. Le danger d'un usage exclusif de ce type de liste de caractéristiques est d'accuser à tort des gens d'être violents et d'ignorer ceux qui le sont en réalité. De plus, ces profils de détection des risques personnels doivent être utilisés avec une prudence extrême afin d'éviter une sélection discriminatoire et préjudiciable entraînant l'exclusion de certains groupes et de certaines personnes en plus d'exposer l'organisation à des poursuites judiciaires. Les organisations et leurs employés qui ont des raisons légitimes de penser qu'un individu risque d'être violent ont tout intérêt à offrir de l'assistance à celui-ci ou à lui interdire, à la limite, l'accès aux lieux de travail [2]. Il est donc plus judicieux de lier des agresseurs potentiels à certaines catégories de rôles au travail puis à leur interaction avec certains attributs de la victime, avec des particularités du milieu organisationnel et avec les situations les plus à risque.
Agresseurs et victimes
L'agresseur appartient généralement aux catégories suivantes : un membre du personnel, un client et un tiers ou un visiteur étranger à l'organisation. Les attributs de la victime de violence au travail sont, en général, les suivants :
Organisation et gestion du travail
La confrontation de l'agresseur et de la victime se déroule dans une organisation bien définie dont certaines particularités favorisent l'émergence de la violence :
Ainsi, toute prévision d'actes de violence repose sur l'étude attentive d'une combinaison de facteurs et requiert une analyse spécifique pour chaque situation de violence organisationnelle. Voilà donc pourquoi il est possible mais très ardu de prévoir l'éventualité d'actes particuliers de violence au travail [2]. Par contre, à la lumière des plus récentes analyses, certaines situations liées aux tâches véhiculent un risque sérieux de violence interne et externe au travail.
Les situations les plus à risque de violence externe, se regroupent ainsi :
Les situations les plus à risque de violence interne sont liés à des événements qui affectent les conditions de travail des employés et se regroupent ainsi :
Remarques importantes sur les conflits et hyperconflits au travail [20] [44]: