Exemples de persécution collective (Mobbing):
Empêcher en groupe la victime de s'exprimer et lui refuser toute communication directe, s'arranger pour qu'elle prenne toujours ses pauses-santé et ses repas seule ou coupée de son équipe de travail (isoler), discréditer et humilier en groupe la victime par des sarcasmes répétés (affaiblir), réprimander et rétrograder injustement la victime, la forcer à démissionner ou sinon la congédier pour des erreurs dont la source est négligée par le ou les superviseurs ainsi que par le ou les groupes de travail (détruire par intimidation ou brimades) [2] [10].
Exemples d'intimidation (bullying):
Donner toujours ses ordres en hurlant, bousculer, critiquer, de façon destructive et fréquente, la victime devant tout le monde (isoler), surcharger une personne de travail et abréger constamment les délais pour s'assurer qu'ils ne seront pas respectés (affaiblir), rétrograder un employé performant, envers qui le superviseur a une aversion personnelle, en lui ôtant injustement ses responsabilités et en lui imposant des tâches subalternes ou en dessous de son potentiel (détruire) [2] [10].
Remarques très importantes:
-Persécution (mobbing) et intimidation (bullying) sont respectivement les modes d'expression collective ainsi qu'individuelle du harcèlement moral.
-Persécution et intimidation suivent généralement les mêmes étapes dans l'aggravation des conduites abusives (isoler, affaiblir et détruire) [10].
N.B. Les exemples de harcèlement sont donc ceux de la persécution collective et de l'intimidation au travail. De plus, le harcèlement moral peut être discriminatoire s'il contrevient respectivement aux articles 10 et 15 des chartes québécoise et canadienne des droits et libertés de la personne (sexisme, racisme, homophobie, lesbophobie,politique, religion).
Ex: Regards, remarques, insinuations ou allusions blessantes faisant
référence à la vie privée ou aux préférences sexuelles de la victime, attouchements et agressions sexuelles décrites dans le Code criminel canadien.
Trois degrés dans le harcèlement sexuel [24]:
Degré contrariant : regards, sifflements, photos, questions intimes, remarques déplacées, frôlements.
Degré contraignant : comme dans le harcèlement criminel (stalking), petits cadeaux indésirés, suivre la cible au travail et hors travail, offres ambigües au travail et hors travail, caresses, pincements, acculement dans un coin, soulèvement des vêtements.
Degré agressant : lettres de menaces, exhibitionnisme, voyeurisme, téléphones anonymes et/ou obscènes, refus d'accepter la fin des relations amoureuses, arracher les vêtements, tentative de viol et viol.
Il s'agit d'un harcèlement régi par les articles des législations criminelles dans plusieurs pays de Common Law comme les États-Unis, l'Australie et le Canada, depuis le début des années 1990. D'un code à l'autre, trois éléments fondamentaux sont retenus : 1) l'existence d'un comportement menaçant, 2) l'intention criminelle de l'agresseur et 3) la répétition de l'acte [16].
N.B. Article 423 du Code criminel canadien l'intimidation concerne le harcèlement criminel et non pas le (bullying) ou l'intimidation au travail.
Exemples de harcèlement criminel (Stalking):
Envois de messages exagérés, de fleurs, de lettres d'amour, surveillance au travail et hors travail des allées et venues de la personne ciblée, appels téléphoniques ou courriels incessants, visites non désirées au travail et même au domicile, cadeaux excessifs repoussants, menaces de se suicider, avec allusions vagues à propos de malheurs à venir pour la victime, agressions physiques contre les proches et les collègues de travail de la victime si celle-ci devient moins accessible, meurtre de la victime, dans les cas les plus extrêmes.
Nuances inspirées des propos de Louis Brunet, professeur de l'UQAM, lors d'une conférence donnée à l'Université Laval pour l'ACFAS (Association canadienne-française pour l'avancement des sciences en mai 2002) [17]:
Conclusion ouverte à un questionnement sur le terrorisme et les tueries au travail:
Position théorique et pratique difficile à soutenir que celle de statuer sur un phénomène de société très complexe comme le terrorisme et de le cantonner au monde du travail. La tuerie semble plus proche de la notion de l'assassinat au travail mais demeure ardue à délimiter lorsque le contexte de travail est celui d'un endroit public tel que celui d'un moyen de transport en commun.
L'abus de pouvoir ou harcèlement administratif désigne les comportements qui servent à tirer indûment des avantages d'une situation de pouvoir formel ou informel afin de nuire, d'entraver le rendement, la survie au travail ou la carrière d'individus ou de groupes dans une organisation. L'abus de pouvoir peut s'exprimer par le chantage, les menaces ou la surveillance excessive et injustifiée [18] [11].
À l'exception des tueries au travail, des agressions physiques ponctuelles ou impulsives, l'abus de pouvoir est une composante de plusieurs des manifestations de violence impliquant un harcèlement : harcèlement moral, harcèlement sexuel et parfois harcèlement criminel.
Le pouvoir peut être formel, hiérarchique ou officiellement reconnu de tous ou encore informel en étant basé sur la crédibilité, l'expérience, les contacts, les redevances pour services rendus.
Harcèlement administratif ou abus de pouvoir devient un harcèlement stratégique s'il est érigé en système arbitraire et injustifié de gestion des personnes visant notamment à forcer leur démission. Ce harcèlement, érigé en système de gestion injuste et arbitraire, est difficile à démontrer. Une commission d'enquête publique, dotée de réels pouvoirs de comparution et de sanction, peut parvenir à en prouver l'existence.
Ce phénomène peut survenir entre deux individus ou sinon entre deux groupes au travail. L'hyperconflit va au-delà du stress, de la souffrance psychique aiguë, de la violence en général et du harcèlement psychologique car il inclut toutes ces autres réalités [44].
Plan congnitif
Plan comportemental
Plan émotionnel