L'identité est un concept intimement lié à la notion de reconnaissance. L'identité se construit, dans un premier temps, dans la sphère privée de la personne et son développement se poursuit dans la sphère publique, notamment en milieu de travail. De ce fait, le travail devient "un milieu de cristallisation de l'identité". Par le biais de son travail, l'individu peut se définir en tant qu'être humain et confirmer les aspects antérieurement développés. Dans la sphère publique, l'identité se construit à travers le regard que portent les autres sur nous et surtout, par le regard qu'ils renvoient de nous-même. La reconnaissance en milieu de travail peut donc contribuer de façon positive au développement de l'identité en portant un regard favorable sur l'individu et en agissant à titre d'agent de développement.
La création de sens au travail est un autre aspect qui est influencé par la reconnaissance. En fait, il redonne au travail ses lettres de noblesse et sa capacité d'être source de plaisir et de satisfaction. La perception du travail dépasse donc le simple fait d'être réalisé dans l'optique d'obtenir une rétribution financière, le travail devient porteur de sens.
La reconnaissance au travail contribue à renforcer le sentiment de compétence personnelle ainsi que l'estime de soi du travailleur. En effet, les témoignages quotidiens de gratitude et la considération du savoir-faire amènent l'employé à se percevoir de façon positive et à définir sa valeur au sein de l'organisation.
Bourcier et Palobart (1997)mettent en évidence le caractère essentiel de la reconnaissance en milieu de travail en tant que source de motivation et de satisfaction. Lorsque le salarié considère qu'il possède une place bien définie au sein de l'organisation et que sa contribution est appréciée à sa juste valeur, il est plus enclin à s'engager dans son travail et à se motiver pour se surpasser d'un point de vue professionnel. Il importe de préciser que la motivation constitue en quelque sorte un moteur de l'action, elle détermine les conduites de travail. La reconnaissance consolide également le sentiment de compétence et entraîne une certaine satisfaction de la part des membres de l'organisation. En contribuant à la satisfaction et à la motivation au travail, elle influence positivement la productivité et la performance des organisations (Applebaum).
Le travail peut entraîner des conséquences directes et diverses sur la santé psychologique des travailleurs. Il est pertinent de préciser que la santé mentale au travail fait référence au sentiment de bien-être ou de mal-être psychologique, physique et émotionnel que les travailleurs ressentent par rapport au travail. Selon une étude réalisée par la Chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail de l'Université Laval, le niveau de détresse psychologique des travailleurs oeuvrant en milieu hospitalier, universitaire, forestier et de l'industrie métallurgique est de 43 %, soit plus du double que le taux établi pour l'ensemble de la population québécoise (20 %) (Brun & al., 2002). Parmi les facteurs cités comme causes de cette détresse, le manque de reconnaissance au travail arrive en deuxième position, juste après la surcharge de travail. Bref, l'absence de reconnaissance au travail peut être considérée comme un des facteurs de risque le plus fortement associé à la détresse psychologique élevée au travail.