Plusieurs actions de prévention peuvent être posées pour prévenir les problèmes de stress au travail. À cet égard, deux types de programmes peuvent être instaurés. D'abord ceux qui mettent l'accent sur l'organisation et l'environnement de travail (prévention primaire) dont l'objectif est d'éliminer le risque à la source, puis ceux centrés surtout sur l'individu (prévention secondaire et tertiaire) qui s'attaquent davantage aux conséquences du stress au travail. Le but des programmes de prévention secondaire est d'aider les employés à gérer les exigences du travail plus efficacement en améliorant leurs stratégies d'adaptation aux stresseurs ou en soulageant les symptômes du stress. Pour ce qui est des interventions de niveau tertiaire, elles ont pour objet le traitement, la réhabilitation, le processus de retour au travail et le suivi des individus qui souffrent ou ont souffert de problèmes de santé psychologique au travail et ce, toujours dans la perspective de diminuer les conséquences du stress [48]. Plusieurs recensions d'écrits sur les programmes de prévention du stress et des problèmes de santé psychologique au travail mentionnent la dominance des programmes de prévention secondaire et tertiaire (centrés sur l'individu) plutôt que primaire (centrés sur l'organisation) [103] [104] [106].
Il existe certaines raisons qui incitent les organisations à favoriser les interventions de niveaux secondaire et tertiaire au détriment des interventions de niveau primaire. D'une part, les personnes responsables seraient souvent plus à l'aise avec l'idée de changer l'individu plutôt que d'apporter des modifications au fonctionnement de l'organisation [104]. D'autre part, il est beaucoup moins fastidieux pour une organisation de développer un programme visant la modification du comportement et des attitudes des individus [48].
Même si les approches de prévention centrées sur les individus peuvent s'avérer utiles et nécessaires, elles ne tiennent pas compte des caractéristiques de l'environnement de travail. En effet, elles reconnaissent la présence d'éléments pouvant engendrer des problèmes de santé psychologique au travail dans l'organisation sans toutefois chercher à les modifier ou à les éliminer. Les stratégies de prévention secondaire et tertiaire ne modifient pas l'organisation du travail, puisqu'elles ciblent davantage les conséquences que les sources du problème [48].

En dépit du fait qu'elles soient très populaires auprès des organisations, les interventions de niveaux secondaire et tertiaire produiraient des effets généralement limités et de durée plutôt courte [47] [102] [106]. Par exemple, Murphy [47] conclut sa recension des écrits sur les interventions individuelles en prévention du stress en affirmant que certaines d'entre elles avaient des effets positifs, mais que ceux-ci diminuaient avec le temps. De plus, diverses études ont démontré que les interventions centrées sur l'organisation s'avèrent plus efficaces que celles qui mettent uniquement l'accent sur l'individu [102] [105].