Les conséquences du stress

Conséquences pour la personne

Cette section a pour but de vous familiariser avec les problèmes de santé psychologique les plus souvent rencontrés dans les milieux de travail. Les définitions et les principaux symptômes vous sont présentés uniquement à titre d'information. En effet, les médecins sont les seuls professionnels autorisés à poser des diagnostics.

Troubles de l'humeur

Nous vivons tous des moments de tristesse, de découragement et de pessimisme. Ces moments de dépression, même s'ils sont déplaisants, sont d'une courte durée. La dépression dite "normale", survient habituellement suite à un événement stressant : un deuil, une grossesse, des changements hormonaux, etc.

 

Le jugement des cliniciens détermine le moment à partir duquel les variations de l'humeur normale deviennent des troubles de l'humeur. Même si des critères sont établis, il existe tout de même une zone grise où la distinction entre les variations normales et les troubles sévères de l'humeur est difficile à établir.

 

Il existe deux types de troubles de l'humeur : les troubles unipolaires et les troubles bipolaires. Un trouble unipolaire implique des symptômes dépressifs (tristesse, perte d'intérêt ou de plaisir). Un trouble bipolaire implique à la fois des symptômes dépressifs et des symptômes maniaques (sentiments d'excitation et d'euphorie).

 

Troubles unipolaires

Les principaux troubles unipolaires sont le trouble dépressif majeur, où la personne présente des symptômes dépressifs la plupart du temps durant au moins deux semaines, et le trouble dysthymique où, durant au moins deux ans, la personne est d'humeur dépressive une journée sur deux.

 

Troubles bipolaires

Les principaux troubles bipolaires sont les troubles bipolaires I, II et cyclothymiques. Les troubles bipolaires I et II impliquent que la personne vit des épisodes de dépression (périodes d'au moins deux semaines où la personne présente des symptômes dépressifs) avec au moins un épisode maniaque (période d'au moins une semaine où l'humeur est élevée de façon anormale et persistante). Toutefois, les symptômes maniaques du trouble bipolaire II sont moins sévères (l'humeur n'est pas suffisamment perturbée pour altérer le fonctionnement social et professionnel ou pour nécessiter une hospitalisation). Le trouble cyclothymique signifie que durant au moins 2 ans, la personne vit de nombreuses périodes où elle présente des symptômes dépressifs et maniaques (sentiments d'excitation et d'euphorie), mais le degré est moins sévère que dans les troubles bipolaires I et II.

 

 

Symptômes dépressifs Symptômes Maniaques
  • Humeur dépressive
  • Diminution de l’intérêt ou du plaisir
  • Perte ou gain de poids/d’appétit
  • Problèmes de sommeil
  • Agitation ou baisse d’énergie
  • Dévalorisation, culpabilité
  • Difficulté à penser, à se concentrer, à prendre des décisions
  • Pensées de mort, idées suicidaires
  • Augmentation de l’estime de soi ou idées de grandeurs
  • Réduction du besoin de sommeil (p.ex. la personne se sent reposée après seulement 3 heures de sommeil)
  • Plus grand désir de parler
  • Impression que les pensées défilent trop vite
  • Difficulté à porter attention à une seule chose à la fois
  • Augmentation de l’activité (p.ex. aux niveaux social, professionnel, scolaire ou sexuel)
  • Activités pouvant être dommageables pour la personne ou pour autrui (p. ex. dépenses, ventes ou achats irréfléchis, etc.)

 

 

 

Troubles d'anxiété

L'anxiété est un phénomène complexe. Il convient de bien distinguer la peur, l'anxiété normale et l'anxiété dite pathologique. Contrairement à la peur, qui implique une réponse à un danger ou une menace réelle, l'anxiété décrit plutôt un état intérieur déplaisant qui survient lorsqu'une personne anticipe un danger, mais souvent sans pouvoir spécifier clairement l'objet de sa peur. L'anxiété, tout comme le stress, peut être bénéfique lorsqu'elle contribue à l'adaptation et incite l'individu à trouver des solutions. Lorsque l'anxiété devient extrême, donc pathologique, elle altère le fonctionnement de la personne aux plans du travail, de sa famille et de sa vie sociale.

 

Trouble de panique

Une attaque de panique survient quand, soudainement, la personne ressent une peur ou un malaise très intense. L'attaque commence subitement et atteint son sommet en 10 minutes ou moins. Lorsque les attaques de panique sont récurrentes et surviennent à l'improviste, on dit que la personne souffre d'un trouble de panique. Cependant, le diagnostic d'un trouble de panique implique que les attaques surviennent spontanément, à l'improviste, et non en raison d'une phobie (p.ex. à un objet ou une situation) ou d'un état de stress post-traumatique (p.ex. lorsque la personne a été confrontée à des facteurs de stress extrêmes).

 

 

Symptômes d'une attaque de panique
  • Palpitations, battements de coeur trop rapides
  • Transpiration
  • Tremblements ou secousses musculaires
  • Sensations de « souffle coupé » ou impression d’étouffer
  • Douleur au thorax
  • Nausée ou gêne abdominale
  • Sensation de vertige, d’instabilité ou d’évanouissement
  • Sentiment d’irréalité ou d’être détaché de soi
  • Peur de perdre le contrôle ou de devenir fou
  • Peur de mourir
  • Sensations d’engourdissement ou de picotements
  • Frissons ou bouffées de chaleur

 

Trouble d'anxiété généralisée

L’anxiété généralisée implique que la plupart du temps durant au moins 6 mois, la personne est anxieuse et vit des soucis excessifs concernant plusieurs événements ou activités de la vie courante. La personne a de la difficulté à contrôler ses préoccupations. Pendant au moins 6 mois, elle présente au moins trois des symptômes suivants :

 

 

Symptômes associés à l'anxiété généralisée
  • Agitation, sensation d’être survolté ou à bout
  • Fatigue
  • Difficultés de concentration ou pertes de mémoire
  • Irritabilité
  • Tension musculaire
  • Problèmes de sommeil (difficulté à s’endormir, rester endormi, sommeil agité)

 

Épuisement professionnel

Communément appelé " burn out ", l'épuisement professionnel découlerait d'une relation malsaine d'un individu face à son travail. La personne a investi de plus en plus d'énergie dans son travail au détriment de sa vie personnelle, tout en en retirant de moins en moins de satisfaction. Cet état se manifeste par un épuisement émotionnel ou physique, par une réduction de la productivité au travail ainsi que par un sentiment de dépersonnalisation (i.e. sentiment d'insensibilité, réponses impersonnelles aux clients).

 

L'épuisement professionnel ne peut être diagnostiqué comme un trouble mental en tant que tel. Un trouble d'adaptation sera plutôt diagnostiqué. Un trouble d'adaptation implique que, suite à un événement stressant (mariage, divorce, perte d'emploi, etc.), la personne a des réactions inadaptées qui perturbent son fonctionnement social et professionnel et qui persistent plus de trois mois après l'événement.

 

 

Symptômes d’épuisement professionnel
  • Fatigue, perte d’enthousiasme
  • Symptômes physiques (troubles digestifs, maux de dos, problèmes de peau, problèmes de sommeil, etc.)
  • Perte de confiance en soi
  • Sentiment d’incompétence
  • Culpabilité
  • Aversion pour le travail et baisse de rendement au travail (absentéisme, manque d’éthique, etc.)
  • Difficultés de concentration, de mémoire
  • Anxiété
  • Irritabilité
  • Négativisme

 

 

Le syndrome du survivant

Le syndrome du survivant n'est pas une maladie psychologique répertoriée dans le manuel diagnostique des troubles mentaux. Cependant, certains auteurs affirment que ce syndrome affecte la santé psychologique des employés et peut mener à des problèmes tels que la dépression et l'épuisement professionnel.

 

Suite aux réorganisations du travail, les employés non licenciés sont souvent plus angoissés, déprimés, fatigués et démotivés. Ils peuvent également être méfiants et en colère envers leur organisation. Plusieurs recherches ont démontré que lorsqu'ils perçoivent que les abolitions de postes ont été effectuées de façon juste et équitable pour l'ensemble des employés, les survivants réagissent moins négativement. De plus, lorsqu'ils perçoivent qu'ils sont traités équitablement par leur organisation, les survivants se sentent généralement plus engagés envers l'organisation, mettent davantage d'efforts dans leur travail et ont moins l'intention de quitter leur emploi suite aux coupures.

 

 

 Symptômes associés au syndrome du survivant
  • Angoisse
  • Déprime
  • Fatigue
  • Colère, hostilité et déloyauté envers l'organisation et ses dirigeants
  • Culpabilité d'avoir conservé son emploi
  • Insécurité face à l'emploi
  • Climat de travail compétitif
  • Démotivation et insatisfaction au travail
  • Baisse de rendement
  • Diminution de l'engagement envers l'organisation
  • Résistance aux changements
  • Intention de quitter l'emploi
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