Les conséquences du stress

Conséquences pour l’organisation

Les problèmes de santé psychologique au travail constituent l'un des enjeux majeurs auxquels sont présentement confrontées les organisations, notamment en raison des lourdes conséquences qu'ils occasionnent pour ces dernières et pour les personnes. On rapporte, en effet, que le stress aurait un lien direct avec les maladies coronariennes, l'insatisfaction au travail, les accidents ainsi que certaines formes de cancer [35] [36] [37] En plus d'avoir des impacts sur les individus concernés, les problèmes de santé psychologique au travail seraient les principaux responsables de l'augmentation du taux d'absentéisme [33][38].

  • Selon un sondage corporatif effectué au début de 2000 auprès de 1 506 participants à des régimes d'assurance collective choisis de façon aléatoire dans tout le Canada, 62 % des répondants ont affirmé être très stressés au travail alors que 64 % se disent irritables ou anxieux [108].
  • Les résultats d'un sondage effectué auprès de 281 organisations canadiennes (700 000 employés) montrent que les coûts directs de l'absentéisme ont augmenté depuis 1997 et qu'ils représentent actuellement 7,1 % de la masse salariale. Or, en y ajoutant les coûts indirects (heures supplémentaires, remplacements, diminution de productivité), la facture des problèmes de santé mentale totalise 17 % de la masse salariale [108].
  • Entre 1990 et 2001, le nombre de réclamations acceptées par la commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) comme des lésions professionnelles liées au stress, à l'épuisement professionnel ou à d'autres facteurs d'ordre psychologique a plus que doublé, passant de 530 à 1082, et entraîné des déboursés à la hausse, soit de 1,5 à 6,9 millions $ par an [40].
  • Les enquêtes sur la santé et le bien-être de la population québécoise effectuées par Santé Québec entre 1987 et 1998 démontrent que l'incapacité de travail due à des problèmes de santé mentale a presque doublé, passant de 7 % à 13 % [110].
  • Les enquêtes sur la santé et le bien-être de la population québécoise effectuées par Santé Québec révèlent que le nombre moyen de journées d'incapacité de travail par personne pour des problèmes de santé mentale a plus que triplé entre 1992 et 1998, passant de 7,4 à 24,6 jours par 100 personnes, soit une hausse de 200 % [110].
  • Aux États-Unis, la durée moyenne des absences associées au stress est quatre fois plus élevée que celles qui découlent des accidents du travail et des maladies professionnelles [111]
  •  C'est près de 500 000 canadiens qui s'absentent de leur travail chaque semaine pour des problèmes de santé psychologique au travail [41].
  • Les coûts sociaux attribuables aux problèmes de santé psychologique au travail  s'élèvent, au Canada, à plus de 20 milliards par an et, seulement au Québec, ces coûts atteignent tout près de 4 milliards de dollars annuellement [43].

 

Cette augmentation des absences occasionnelles, des invalidités de courte durée et des invalidités de longue durée entraîne, sans contredit, une diminution du moral des troupes et, par le fait même, de la productivité et de la qualité du travail. S'ajoutent à cela les coûts additionnels que doivent débourser les organisations pour assigner du personnel temporaire ainsi qu'une augmentation des sommes consacrées au temps supplémentaire.

 

On doit, en dernier lieu, s'attarder aux impacts des problèmes de santé psychologique au travail sur les régimes d'assurance collective. Car, doit-on le rappeler, en plus de l'assurance salaire, les assureurs défraient les coûts des médicaments et des traitements. Or, de tous les médicaments payés par un assureur en 1995, entre 5 % et 10 % des coûts étaient reliés à la santé psychologique, soit environ 50 millions de dollars par année. Quant aux montants déboursés pour assumer les coûts des honoraires des psychologues, ceux-ci étaient estimés à environ 25 millions de dollars par année [46].

 

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