L'individu qui se rend sur les lieux de travail peut difficilement le faire en laissant derrière lui sa personnalité, ses attentes, ses problèmes d'ordre personnel ou familial. Dans ce contexte, certains auteurs qui se sont penchés sur la question ont permis d'établir divers facteurs prédisposant les personnes aux problèmes de santé psychologique, et d'autres qui en diminuent l'occurrence.
L'affect négatif ou le névrotisme est un trait stable de la personnalité qui implique une sensibilité aux stimuli négatifs. Les personnes chez qui ce trait est élevé sont prédisposées à vivre des émotions telles la tristesse, l'anxiété, la culpabilité et l'hostilité [28]. Le trait de névrotisme peut être perçu comme un continuum allant de l'instabilité émotionnelle à la stabilité émotionnelle. Les individus dont le trait de névrotisme est élevé ont un affect négatif qui les amène à vivre des émotions négative telles l'anxiété, la dépression et la colère [63]. Ils sont également susceptibles d'interpréter une situation stressante comme étant menaçante et ont tendance à réagir de manière impulsive [64].
En milieu de travail, lorsqu'ils perçoivent une situation comme étant injuste et inéquitable, ils ont davantage l'intention de quitter leur emploi, sont plus méfiants à l'égard de leur supérieur et sont moins engagés envers leur organisation que leurs pairs dont l'affect négatif est moins marqué [65]. Il semble également que les individus plus névrotiques adoptent des stratégies de gestion de stress qui sont inefficaces, telles la pensée magique, le désengagement mental et comportemental, la fuite dans les fantaisies, la passivité et le blâme [66] [67].
| Affect négatif / Névrotisme |
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La personne de type A est considérée comme compétitive, extrêmement ambitieuse, impatiente et semble avoir un besoin de contrôle élevé, même sur l'incontrôlable. La littérature décrit ces personnes comme étant perfectionnistes, excessivement dévouées et impliquées dans leur travail. Elles ont un besoin constant de se dépasser et ont tendance à se fixer (à elles-mêmes ou aux autres) des objectifs trop élevés par rapport à leurs capacités, ce qui les amène à être souvent déçues et insatisfaites au travail.
À l'inverse, les personnes de type B sont plutôt patientes, décontractées et peu compétitives. Plusieurs études ont démontré un lien entre la personnalité de type A et certains problèmes psychologiques (p.ex. l'anxiété) et physique (problèmes cardio-vasculaires, respiratoires et gastro-intestinaux [29].
| Personnalité de type A |
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La hardiesse comporte trois caractéristiques. Premièrement, les personnes hardies ont tendance à être engagées dans les activités, les événements et avec leur entourage. Ainsi, en situation de stress, les personnes hardies ont recours au support de l'entourage pour gérer leur stress. Deuxièmement, elles ont l'impression d'avoir du contrôle sur les événements, que ce soit en agissant directement sur le facteur de stress ou en l'interprétant de manière à en diminuer l'impact. Enfin, les personnes hardies ont tendance à considérer les changements comme des opportunités de développement personnel ou comme des défis, plutôt que comme une menace à leur sécurité. Elles préfèrent donc le changement à la stabilité [30]. Des études ont démontré qu'en général, la personnalité hardie modère l'effet du stress sur la santé physique et psychologique [31].
| Personnalité hardie |
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Les gens qui ont un style attributionnel pessimiste ont tendance à attribuer leurs échecs à des causes internes, stables et globales. Un exemple de ce type d'attribution pourrait être l'employé qui explique un échec dans son travail en se disant qu'il est stupide. Dans ce cas, il attribue l'échec à une cause interne, soit à lui-même, stable, puisqu'il remet en doute son intelligence, et globale, puisque la stupidité risque d'affecter plusieurs de ses domaines de vie.
À l'inverse, une style attributionnel optimiste impliquerait l'employé qui attribue son échec au travail à une cause externe (p.ex. la tâche était difficile), instable (c'était une mauvaise journée) et spécifique (p.ex. moins habile dans ce type de tâche) [32]. Cette façon d'attribuer la cause d'un succès ou d'un échec s'avère importante car elle mène à des conséquences psychologiques diverses. Par exemple, l'individu qui attribue ses échecs à son incompétence risque de vivre une baisse d'estime de soi et d'être démotivé dans son travail. Par ailleurs, la personne qui ne perçoit pas de contrôle sur les événements aura tendance à se sentir désespérée, ce qui la prédispose à la dépression [68].
L'âge et le sexe sont reconnus comme pouvant influencer les réactions psychologiques. Par exemple, le risque de présenter un trouble dépressif majeur varie entre 10 % et 25 % chez les femmes, alors que chez les hommes, il varie entre 5 % et 12 % selon les études. Ces différences entre les sexes ne sont pas nécessairement dues à des conditions biologiques. En effet, il existe des différences importantes sur les plans de l'éducation, des conditions de travail et de vie [33]. Certains problèmes de santé psychologique ont également tendance à apparaître à un certain âge (par exemple, l'âge moyen d'apparition de la dépression est vers 35 ans) [54]. Il est cependant difficile et complexe de cerner comment l'âge contribue aux problèmes de santé psychologique.
L'adaptation est une réaction naturelle de l'individu qui veut se protéger contre une demande excessive ou une situation qui lui porte atteinte [33]. Les stratégies d'adaptation peuvent être plus ou moins appropriées. Par exemple, certaines personnes vont tenter de diminuer leur tension psychologique par la consommation de drogues ou d'alcool, alors que d'autres vont plutôt tenter de mieux gérer leur temps, de résoudre leurs problèmes et affirmer leurs besoins.
Le recours au soutien social constituerait, selon certaines études, une stratégie d'adaptation efficace pour diminuer la tension psychologique et le risque d'occurrence des problèmes de santé psychologique au travail [124] [128] [129] [130] [131]. Il agirait, en fait, à titre de modérateur des effets néfastes du stress sur les individus. Ainsi, la famille, les amis et l'entourage au travail pourraient constituer une source importante de soutien moral, d'aide pratique et de valorisation pour la personne éprouvant des difficultés d'ordre psychologique [34].
Des habitudes saines améliorent la capacité d'adaptation aux différentes contraintes du travail. À l'inverse, le fait de n'avoir que très peu d'intérêts en dehors du travail, d'avoir des mauvaises habitudes alimentaires ou encore de faire peu d'exercice sont des facteurs qui diminuent la capacité de l'individu à s'adapter au stress.