L'expression et la manifestation de reconnaissance peut s'avérer complexe pour diverses raisons : les obstacles organisationnels, les obstacles relationnels, les processus de communication inefficaces, les personnalités divergentes, etc. Bien que la logique de la reconnaissance en milieu de travail soit simple, son application se veut un peu plus complexe et empreinte d'ambiguïté pour certains. Quelques obstacles peuvent freiner la mise en place d'actions visant à reconnaître la contribution du personnel au sein de l'entreprise: la peur de perdre du pouvoir, le manque de temps, la méconnaissance d'autrui, le désir d'être équitable et la difficulté à interagir avec autrui. Or, ces obstacles ne doivent pas servir de prétexte pour banaliser ou discréditer l'importance de l'expression et de la manifestation de reconnaissance en milieu de travail. Au contraire, les obstacles doivent être perçus comme des défis et non comme un frein à la mise en place de procédures de reconnaissance.
L'expression de la reconnaissance peut être perçue comme une perte de pouvoir, comme un affaiblissement de l'autorité de celui qui l'exprime et un gain pour celui qui la reçoit. Or, la reconnaissance s'inscrit dans un processus interactionnel qui doit faire abstraction des niveaux hiérarchiques, des statuts professionnels. Ceci n'implique pas d'enjeu sur le plan de l'autorité et du pouvoir. Si l'expression de la reconnaissance donne l'impression, de part et d'autre, d'être associée à un affaiblissement du symbole d'autorité, il serait pertinent de revoir la façon dont la reconnaissance est exprimée et reçue.
Compte tenu de l'hyperactivité organisationnelle et des pressions temporelles d'origines diverses, la manifestation de reconnaissance peut être considérée comme une perte de temps ou du moins, comme un aspect peu urgent. En fait, les priorités organisationnelles gravitent souvent autour des procédés de travail et de la production. La majorité du temps est donc consacrée à ces éléments, délaissant par le fait même l'être humain dans sa globalité, et la considération de son importance au sein du processus de travail. Cependant, il faut dépasser ce culte de l'empressement et prendre le temps de remercier nos collègues, nos supérieurs, nos employés pour leur précieuse collaboration, pour leur investissement dans différents projets, etc. La reconnaissance doit s'inscrire au coeur des priorités organisationnelles et des pratiques de gestion du personnel.
Avant de reconnaître, il faut d'abord connaître! La méconnaissance d'autrui peut donc devenir un obstacle dans la perspective où la reconnaissance pourrait être basée sur des aspects superficiels ou encore, n'avoir aucun fondement plausible. Ainsi, le travail d'un salarié pourrait passer sous silence. Dans le même ordre d'idées, la taille de l'entreprise peut agir à titre d'obstacle. La quantité importante d'employés fait en sorte qu'un climat d'anonymat règne au sein de l'organisation et au plan des interactions interpersonnelles. De plus, il importe de mentionner que la contribution d'une personne peut, à l'occasion, être soit niée, soit tenue pour acquise, soit récupérée au profit de quelqu'un d'autre ou tout simplement minimisée. Dans cette perspective, il faut sensibiliser l'ensemble des membres de l'organisation afin que chacun s'engage à reconnaître autrui et qu'il y ait un effet de contagion. Mentionnons qu'il existe plusieurs types d'interactions possibles en matière de reconnaissance en milieu de travail. Elle peut s'exprimer tant à l'horizontal (du haut vers le bas et vice versa) qu'à la verticale (entre pairs, entre collègues).
La reconnaissance en milieu de travail suscite plusieurs questions de la part de la personne souhaitant l'exprimer. En fait, elle se demande à qui, quand et comment elle doit manifester de la reconnaissance. Ce questionnement s'inscrit dans une volonté de justice et d'équité à l'égard des membres de l'organisation. Des marques de reconnaissance ayant pour fondement la flatterie ou le désir de complimenter autrui peuvent entraîner de la jalousie et un climat de travail austère chez les employés. Par ailleurs, une reconnaissance exprimée selon les règles de l'art, les huit critères de qualité, est justifiée et équitable pour tous.
En débit des obstacles organisationnels et des difficultés personnelles qui sont liés à l'expression et à la manifestation de la reconnaissance en milieu de travail, son importance est incontestable. L'importance des bénéfices encourus par des pratiques de gestion quotidiennes de reconnaissance compense amplement pour les obstacles qui peuvent être rencontrés.
Les interactions sociales peuvent être contraignantes pour certaines personnes. En effet, il s'avère parfois fastidieux d'interagir avec autrui et d'établir une communication efficiente. Compte tenu que la reconnaissance s'inscrit dans un processus interactionnel, son expression peut se complexifier en raison de facteurs personnels tels que la difficulté à interagir avec autrui et la difficulté à verbaliser nos pensées. Cet obstacle n'est pas négligeable, mais il peut être contourné. Il est vrai que l'expression orale est complexe pour certains, mais la reconnaissance peut s'exprimer par d'autres médium comme l'écriture. Il est possible de trouver une manière de reconnaître qui soit conforme à notre personnalité et significative aux yeux du récepteur. Chacun peut concevoir sa propre façon de faire.