Politiques et orientations

Orientations des pratiques et des recherches

La plupart des sources documentaires consultées reconnaissent que la violence au travail est une problématique majeure mais encore sous-estimée.  Elle ne constitue nullement un problème épisodique et individuel relié à quelques cas de tueries collectives.  Cette violence au travail est plutôt associée à une série de comportements destructeurs, des comportements mineurs en apparence mais dont les causes se rattachent à un ensemble de facteurs sociaux, économiques, organisationnels et culturels [2].  Enfin, il s'agit d'un problème crucial à prévenir et à gérer, un problème dont les coûts sont très lourds pour les individus, les organisations et la collectivité.  À la suite de ces constats généraux, il est utile de suggérer certaines orientations au plan des pratiques et recherches à entreprendre. [2]


ORIENTATIONS DES PRATIQUES

  • Favoriser une meilleure concertation entre les divers intervenants responsables de la prévention de la violence au travail, de l'aide aux victimes et de la gestion de l'invalidité: 

Les démarches et recours à entreprendre sont souvent éprouvants pour les victimes d'actes de violence au travail.  Le médecin traitant peut alléger ces démarches en formulant des diagnostics précis, bien documentés [43].  Il peut aussi procéder à des évaluations plus complètes incluant les antécédents personnels avec l'aide de d'autres professionnels de la relation d'aide, de la gestion du personnel ou de la santé-sécurité du travail issus de disciplines comme le service social, la psychologie, de l'orientation et counselling ainsi que la psychiatrie.  L'importance d'éviter chez les victimes le développement de problèmes chroniques par le soutien du médecin traitant par des médecins-conseillers en santé au travail et des intervenants en réadaptation est crucial.  Cette concertation peut faire une différence dans l'ampleur du traumatisme des victimes d'actes violents. 

  • Octroyer des crédits d'impôt aux organisations engagées dans la prévention de la violence occupationnelle:

L'encouragement des mesures de lutte contre la violence au travail est possible par l'octroi de crédits d'impôt aux organisations engagées concrètement dans la mise en œuvre de stratégies préventives.  Ce type de mesure a été proposé, aux États-Unis, avec le projet de loi H.R. 1071 IH, lors de la première session du 105e Congrès, en mars 1997 http://www.securitymanagement.com/library/h1071.txt .  Une telle mesure autoriserait un crédit d'impôt de 40 % du coût du programme de prévention de la violence au travail dont sont victimes les femmes, dans les milieux professionnels, aux États-Unis [2]

  

ORIENTATIONS DES RECHERCHES

  • Violence interne au travail et réinsertion des victimes en emploi:

Axer les recherches futures sur la violence interne à l'organisation est également essentielle puisque la violence externe, attribuable aux clients, aux fournisseurs ou aux personnes étrangères à l'organisation, a déjà suscité de nombreuses études et mesures préventives [10].  Les études ou interventions portant sur le retour au travail des victimes et des agresseurs demeurent également un enjeu important pour les organisations. 

  • Évaluer l'efficacité des mesures déjà en place pour lutter contre les actes violents:

En dépit du caractère récent de connaissances sur les moyens de mieux contrer le problématique la violence au travail, plusieurs interventions ont été appliquées dans divers contextes organisationnels.  Si des évaluations systématiques de l'efficacité de ces interventions ont eu lieu alors elles n'ont pas encore été publiées.  Il y a donc matière à accomplir et diffuser davantage de recherches évaluatives sur les moyens de lutte déjà disponibles pour contrer la violence [10]

 

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