En moyenne, dans les quatre organisations participantes, 43,42 % des employés présentent un niveau de détresse psychologique élevée, comparativement à 20,09 % dans la population québécoise en 1998 [107].

Les principaux facteurs de risque portant atteinte à la santé psychologique sont : la surcharge quantitative, le peu de reconnaissance de l'entourage, les pauvres relations avec le supérieur ainsi que la faible participation aux décisions et le manque de circulation de l'information. Les pratiques de gestion et de travail associées à ces facteurs ont été documentées à l'aide d'entrevues menées auprès de gestionnaires, d'employés et des principaux intervenants en santé et sécurité du travail des entreprises concernées.
L'état de la prévention en santé psychologique est embryonnaire dans chacune des entreprises étudiées. Bien que la forme, le contenu et la fréquence diffèrent quelque peu d'une à l'autre, les quatre organisations tiennent des activités de prévention secondaire. Ces dernières se traduisent généralement par des conférences (les facteurs de risque organisationnels et individuels) et de la formation (gestion du stress et des conflits). De manière générale, les regroupements étudiés privilégient les activités de prévention secondaire plutôt que primaire. La prévention primaire, qui permet l'élimination ou le contrôle à la source des facteurs de risque, est dans une phase d'émergence et on sent bien la volonté des équipes de gestion et des syndicats d'agir à ce niveau. Quant à la prévention tertiaire, elle est souvent prise en charge par le service de santé au travail ou par le programme d'aide aux employés (PAE).
Cette étude conclut que l'augmentation du taux d'absentéisme, de la détresse psychologique, des conflits, du harcèlement et de la violence au travail interpelle de manière urgente la société, les organisations et les individus. Le chemin de la prévention est compliqué, mais il doit être emprunté avec discernement et volonté afin qu'un jour, la santé psychologique devienne un véritable critère de décision de gestion au même titre que la finance, la technologie ou le marché.
La diffusion des principaux résultats, de concert avec les organisations participantes, constitue la première retombée concrète de l'étude «Évaluation de la santé mentale au travail: une analyse des pratiques de
gestion des ressources humaines». La démarche empruntée vise la prise de conscience par les organisations de l'ampleur des problèmes de santé psychologique au travail, l'appropriation d'une démarche d'intervention et l'identification de pistes d'action en matière de prévention
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