Répercussions du conflit travail-vie personnelle

Répercussions sur les milieux familiaux

Le conflit travail-vie personnelle que vivent les personnes en emploi peut être très dommageable pour leur famille. Plusieurs sont d’avis que, si les mères revenaient au foyer, la situation des familles en serait grandement améliorée. Mais les recherches scientifiques actuelles ne vont pas dans ce sens, car le revenu que rapportent les mères en emploi est devenu nécessaire pour répondre aux besoins fondamentaux des familles. D’ailleurs, il est plus néfaste pour les familles de vivre dans la pauvreté que d’assumer que les 2 parents occupent des emplois. Cela dit, au-delà du fait de travailler ou non, ce sont les conditions de travail des mères et des pères en emploi (notamment les longues heures de travail, l’horaire de travail atypique, l’insécurité d’emploi et le stress professionnel) qui sont le plus susceptibles de nuire à la qualité de la vie familiale. Les répercussions du conflit travail-vie personnelle présentées ici peuvent varier en nombre et en intensité selon les personnes en emploi et leur famille.

Principales répercussions du conflit travail-vie personnelle sur les milieux familiaux

  • Augmentation de l’insatisfaction conjugale et familiale;
  • Augmentation de l’insatisfaction quant aux compétences parentales;
  • Diminution de la stabilité et de l’unité du couple et de la famille;
  • Famille moins bien adaptée pour répondre aux exigences de la vie;
  • Réduction du temps passé en couple et en famille;
  • Réduction du temps consacré aux soins donnés aux enfants;
  • Réduction de l’implication des parents travaillant de longues heures ou selon un horaire atypique auprès de leurs enfants;
  • Résultats scolaires plus faibles pour les enfants dont les parents vivent de l’insécurité relativement à leur emploi;
  • Augmentation des problèmes cognitifs, émotionnels et comportementaux chez les enfants dont les parents vivent un niveau élevé de stress professionnel, travaillent de longues heures ou selon un horaire atypique;
  • Augmentation des problèmes conjugaux lorsque le couple a des enfants et qu’au moins l’un des conjoints travaille selon un horaire atypique;
  • Augmentation des perturbations de la routine familiale lorsqu’au moins un parent travaille selon un horaire atypique;
  • Augmentation des relations tendues entre les parents qui vivent un niveau élevé de stress professionnel et leurs enfants; 
  • Retrait de la vie de couple, réduction des comportements chaleureux envers le conjoint, réduction du soutien au conjoint et manifestation de comportements agressifs envers le conjoint chez les personnes qui vivent une surcharge de rôles ou des relations de travail difficiles;
  • Augmentation de la difficulté à trouver un service de garde de qualité, surtout lorsque les parents travaillent selon un horaire atypique. [21]
ÉTAT DE LA SITUATION [22]

Selon les données de l'Enquête sociale générale menée par Statistique Canada en 2005:

 

  • 40% des Canadiens s'inquiètent du fait qu'ils ne passent pas assez de temps avec leur famille ou leurs amis;
  • La population active canadienne consacre moins de temps aux soins donnés aux enfants qu'auparavant: de 3,7h/semaine en 1986 à 2,5h/semaine en 2005;
  • La population active canadienne consacre moins de temps primaire aux enfants (pour les soins, les jeux et l'éducation) qu'auparavant: de 4,9h/semaine en 1986 à 4,8h/semaine en 2005 pour les hommes et de 6,6h/semaine à 6,2h/semaine pour les femmes;
  • La popularion active canadienne consacre moins de temps parental aux enfants (lequel inclut le temps primaire et le temps destiné à des activités telles que faire les courses ou regarder la télévision avec les enfants) qu'auparavant: de 23,9h/semaine en 1986 à 19h/semaine en 2005 pour les hommes et de 29,4h/semaine à 22h/semaine pour les femmes. 

Selon une étude canadienne menée par Duxbury et Higgins en 2001:

 

Comparativement aux personnes en emploi ne faisant face qu'à une faible surcharge de rôles, celles faisant face à une surcharge de rôles élevée sont:

  • 2 fois moins susceptibles de penser que leur famille est bien adaptée;
  • 1,4 fois moins susceptibles de penser que leur famille est bien intégrée;
  • 1,4 fois moins susceptibles d'être satisfaites de leur vie familiale;
  • 1,4 fois moins susceptibles d'être satisfaites de leurs compétences parentales.

Comparativement aux personnes en emploi dont l'interférence du travail dans la famille est faible, celles dont l'interférence du travail dans la famille est élevée sont:

  • 3,0 fois moins susceptibles de penser que leur famille est bien intégrée;
  • 2,2 fois moins susceptibles de penser que leur famille est bien adaptée;
  • 1,5 fois moins susceptibles d'être satisfaites de leur vie familiale;
  • 1,5 fois moins susceptibles d'être satisfaites de leurs compétences parentales.

 


 

[21] Barling, J. et Mendelson, M. B. (1999). Parents' Job Insecurity Affects Children's Grade Performance Through the Indirect Effects of Beliefs in an Unjust World and Negative Mood, Journal of Occupational Health Psychology, vol. 4, n° 4, p. 347-355; Barrette, J. (2009). Conciliation travail-famille: qu'en savons-nous vraiment ?, Tendances contemporaines de la famille, Ottawa, Institut Vanier de la Famille, p. 9-13; Duxbury, L. et Higgins, C. (2003). Le conflit entre le travail et la vie personnelle au Canada durant le nouveau millénaire : état de la question (Rapport 2), Ottawa, Santé Canada, p. 49-57; Heymann, S. J. et Earle, A. (2001). The Impact of Parental Working Conditions on School-Age Children: The Case of Evening Work, Community, Work & Family, vol. 4, n° 3, p. 305-325; Pronovost, G. (2007). Le temps dans tous ses états: temps de travail, temps de loisir et temps pour la famille à l'aube du XXIe siècle, Enjeux publics IRPP, vol. 8, n° 1, p. 18 et 25; St-Amour, N., Laverdure, J., Devault, A. et Manseau, S. (2005). La difficulté de concilier travail-famille : ses impacts sur la santé physique et mentale des familles québécoises, Québec, Institut national de santé publique, p. 17-19; Strazdins, L., Korda, R. J., Lim, L. L.-Y., Broom, D. H. et D’Souza, R. M. (2004). Around-the-Clock: Parent Work Schedules and Children's Well-Being in a 24-h Economy, Social Science & Medicine, vol. 59, n° 7, p. 1517-1527.

 

[22] Pronovost, G. (2007). Le temps dans tous ses états : temps de travail, temps de loisir et temps pour la famille à l'aube du XXIe siècle, Enjeux publics IRPP, vol. 8, n° 1, p. 18 et 25; Duxbury, L. et Higgins, C. (2003). Le conflit entre le travail et la vie personnelle au Canada durant le nouveau millénaire : état de la question (Rapport 2), Ottawa, Santé Canada, p. 53-54.

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