Afin de réduire les conséquences et les causes néfastes de ces vagues de violence au travail, des moyens de prévention doivent être mis en oeuvre selon trois séquences ou trois temps d'action: avant (prévention primaire), pendant (prévention secondaire) et après les agressions (prévention tertiaire).
La protection des employés qui travaillent seuls requiert les mesures suivantes :
Les conflits de travail, les problèmes de gestion des tâches ainsi que les relations difficiles avec la clientèle ou le public font partie des situations où les mesures préventives de la violence et de dialogue l'emportent habituellement sur la confrontation. Néanmoins, il arrive que ces mesures soient absentes ou que celles mises en place ne suffisent pas et transforment un milieu organisationnel paisible en un environnement aussi hostile que dangereux.
Voici les conseils les plus utiles pour désamorcer la crise de violence. Tout d'abord, il est utile de savoir qu'il y a quatre (4) phases à une crise :
Les messages à communiquer au début de la crise:
Si la crise s'amorce lorsque l'interlocuteur de la personne en crise est assis:
Il est utile de situer les intervenants à chaque étape de la gestion d'une crise de violence:
La première erreur d'un grand nombre d'organisations est de ne pas être préparées à gérer une crise de violence au travail. La deuxième est de ne pas agir immédiatement après le ou les incidents sous prétexte que les effets ou conséquences ne se manifesteront pas tout de suite.
Les victimes d'actes de violence peuvent vivre toutes sortes de réactions :
Importance du signalement et de l'enregistrement des cas ainsi que de la gestion du retour
Les professionnels de la psychiatrie, de la psychologie, des services sociaux ou des sciences infirmières insistent sur l'importance d'une aide le plus tôt possible pour éviter des conséquences graves, éprouvantes et invalidantes. Plus l'aide est rapide, plus elle sera efficace. Il est bon, pour les membres de l'organisation, d'instaurer des réunions individuelles et de groupes pour les victimes avec des spécialistes de la relation d'aide aux victimes d'actes criminels ou encore avec des groupes communautaires d'entraide aux victimes de violence et auxquelles participent des cadres responsables des personnes affectées. Il est aussi crucial d'enregistrer les cas de violence au travail pour ensuite mieux détecter les facteurs contributifs à cette violence dans l'organisation et évaluer l'efficacité des mesures existantes. Tous les membres du personnel doivent savoir où et comment signaler des actes violents et proposer des solutions sans craindre des préjudices ou des sanctions [2]. Aucune gestion du retour et de la réadaptation au travail spécifique aux victimes et aux agresseurs n'est recensée dans la littérature. Dans les cas les plus graves, la possibilité d'un retour dans le même contexte de travail est peu envisageable. L'enjeu devient alors celui d'une réinsertion sur le marché du travail. Au Québec, les victimes d'actes de violence, criminels ou non, sont encadrées par le même processus de retour au travail et de réadaptation que pour les cas d'accidents de travail ou de maladies professionnelles [23].